Accueil Fonctionnement Mise en scène Réalisateurs Histoires du cinéma Ethétique Les genres Les thèmes Palmarès Beaux-arts

Naza

2026

Coréalisé avec Rachel Szor. Avec : 24 militaires isaréliens. 1h20.

Filmé la nuit depuis les toits de Tel Aviv, ce documentaire d'investigation examine les victimes civiles des opérations militaires israéliennes à Gaza et les systèmes à l'origine des assassinats ciblés de Palestiniens.

Les militaires de haut rang interrogés témoignent de ce qui reste encore d'humanité dans la machine de guerre israélienne ; le dernier échelon de décision avant que les données collectées par l'IA ne soient confiées à une autre IA pour tuer, éliminer, assassiner un combattant du Hamas avec ses victimes collatérales. Le film témoigne de l'absence de proportionnalité qui avait été mis en place avant le 7 octobre où l'assassinat d'un chef militaire ennemi ne pouvait justifier la mort de plus de cinq civils. Dorénavant il est possible d'effondrer un immeuble, un quartier entier et faire plus de 300 victimes pour abattre un terroriste. Pire même tous les civils sont considérés comme coupables, même les enfants, ce qui témoigne d'un génocide en cours.

Si les militaires ne peuvent filmer les postes de commandement où sont prises de telles décisions, au moins peuvent-ils les dessiner et montrer ces processus de décision : comment on espionne les téléphones : si un homme se déplace près de combattants du Hamas, on apprécie la probabilité qu'il en fasse aussi partie. Il sera plus facile à cibler par un drone explosif quand il dort, et qu'importe qu'il doit alors auprès des gens de sa famille ou d'un immeuble d'habitation. Après calcul de l'intelligence artificielle pour savoir combien de victime il y aura, il suffit d'une simple écoute de "Papa est rentrée à la maison" pour lancer missile ou drone.

Les militaires interrogés, souvent des civils engagés volontaires traumatisés par les massacres du 7 octobre, le sont sur les toits de Tel Avis, voix altérées, mais silhouettes aussi afin de n'être pas reconnus. Les détracteurs du film ne manquent pas de mettre en doute leurs existences, ce pourraient être des créatures virtuelles. Le recoupement des témoignages et ce que l'on sait déjà par les enquêtes publiées par le Guardian, le New York times ou Le Monde apportent néanmoins toute la crédibilité à ces paroles, bien au-delà de toute image que l'on sait aujourd'hui pouvoir être fausse. Il est ainsi dommage que la matière même de la vérité, ces paroles, soient souvent saucissonnées et pas déployées dans la durée.

Face aux images de ces crimes commis là-bas, celles de son contrechamps sont aussi terribles. Tel-Aviv, autrefois grande citée du rêve israélien, ville visionnaire, libérale, cosmopolite, avec ses plages magnifiques et sa gay pride, est filmée repliée sur elle-même, sourde à toute empathie; la ville qui aura le plus détruit Gaza, juste en face d'elle.

Retour