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Née en 1953
Portraits

L'œuvre de Nan Goldin est inséparable de sa vie : marquée par le suicide de sa sœur en 1963, c'est en photographiant sa famille qu'elle entame son œuvre photographique qui, par la suite, reste très proche de l'album de famille, par sa technique comme par ses sujets.

The Ballad of Sexual Dependency 1981-1996 : 1981-1997  
The Other Side: 1972-1992 1972-1992  
Gilles and Gotscho 1992  
All By Myself 1992-1996  
Sœurs, Saintes et Sibylles 2004  
The Other Side, 1972 - 2006 2008  
The Ballad of Sexual Dependency, 1981-2006 2008  

Nancy Goldin, dite "Nan Goldin", naît  le 12 septembre 1953 à Washington. Elle grandit dans le Massachusetts, dans une famille juive de la classe moyenne. Lorsqu'elle a 11 ans, elle est profondément marquée par le suicide de sa sœur aînée en 1963 après plusieurs séjours dans des hôpitaux psychiatriques. Ses parents tentent en vain de faire passer le suicide pour un accident. Nan Goldin quitte le domicile familial à 15 ans et s’initie à la photographie dans une école alternative, la Satya Community School de Lincoln, où elle rencontre le photographe David Armstrong. Celui-ci devient son meilleur ami. Elle fréquente également des cours du soir, où elle découvre le travail de Larry Clark, Diane Arbus, August Sander et Weegee.

En 1972, elle entre à l’école de musique à Boston où le photographe David Armstrong est DJ et l’entraîne dans le monde des drag queens, l’introduisant ainsi à un milieu en marge dont elle sera totalement partie prenante et qu’elle photographiera toute sa vie.

Après avoir déménagé à New York, en 1978, elle commencera à réaliser des photos aux couleurs saturées, plongées dans une lumière artificielle. Elle tombe enceinte d'un père anonyme. Durant ces années commence à naître l’œuvre qui la rendra célèbre (et qui mit plus de 16 ans à être élaborée), The Ballad of Sexual Dependency, constituée de plusieurs centaines de diapositives projetées en boucle et accompagnées de chansons d’univers et d’inspirations très divers, tels que James Brown, Maria Callas ou encore The Velvet Underground.

Les principaux thèmes évoqués sont la fête, la drogue, la violence, le sexe, l’angoisse de la mort. Pourtant, Goldin a avant tout le désir de photographier la vie telle qu'elle est, sans censure. Or, selon elle, ce qui est intéressant, c'est le comportement physique des individus. Elle traite de la condition humaine, de la douleur et de la difficulté de survivre.

Nan Goldin n’a pas de tabou, allant même jusqu'à se photographier peu après avoir été battue par son petit ami de l’époque, ce qui avait manqué de lui faire perdre un œil. Ce fameux cliché fait partie de la série intitulée « All By Myself » qui évoque et qui atteste de son propre délabrement, physique et mental. C’est en étalant publiquement sa vie et son histoire qu’elle réussit à mieux se comprendre et à s’accepter, tout en s’identifiant dans la société.

Nan Goldin est confrontée au début des années 1980 à l’apparition du sida, qui décime ses amis proches et ses modèles, qu’elle considère comme sa propre famille, et qu’elle photographie de leur vie quotidienne à leur cercueil. C'est, par exemple, le cas de Cookie Mueller, morte à 40 ans le 10 novembre 1989, à qui Goldin consacre une exposition en 1991 ; à cette occasion est publiée « La dernière lettre » (A Last Letter) de son amie, qui décrit le drame de la génération du début du baby-boom fauchée par l'épidémie.

Nan Goldin vit depuis 2007 entre Londres et Paris. Son travail a évolué vers des ambiances moins destructrices et plus tendres que ne l'étaient ses travaux des années 1980.

En 2014, comme elle souffre d’une tendinite au poignet gauche, un médecin berlinois lui prescrit de l’OxyContin. Ce puissant anti-douleur crée chez elle une addiction, si bien qu'en mars 2017, elle doit suivre une cure de désintoxication. Nan Goldin décide aussi de mener une campagne contre la famille Sackler, en possession de Purdue Pharma, l'entreprise qui vend l'OxyContin aux États-Unis. Elle souhaite notamment que les musées n'acceptent plus le mécénat de cette famille