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La photographie fait partie de la série Daispora
Né vraisemblablement sur l'île de Gorée, au Sénégal, en 1746 ou 1747, Jean-Baptiste Belley, âgé de deux ans, est acheté par un capitaine de navire de traite faisant voile vers Saint-Domingue. Devenu adulte, il parvient à racheter sa liberté en 1777, grâce à son travail de perruquier. En 1779, il prend part à la guerre d'indépendance américaine, s'engageant dans le conflit avec huit cents Afrodescendants originaires de Saint-Domingue.
Deux ans plus tard, il devient « officier subalterne des nègres libres du Cap », puis capitaine d'infanterie lorsque éclate la Révolution française. Élu représentant de la partie Nord de la colonie à la Convention nationale, il combat en 1793 aux côtés des commissaires civils contre les colons qui s'opposent aux idéaux révolutionnaires. À Paris, il prend part aux débats décisifs. Député de la Convention, il contribue au vote historique du 4 février 1794, qui proclame l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.
Il poursuit sa carrière politique au Conseil des Cinq-Cents jusqu'en 1797, avant de revenir à Saint-Domingue. Mais son engagement abolitionniste fait de lui une cible : le 18 avril 1802, sur ordre de Napoléon Bonaparte, qui veut rétablir l'esclavage, il est destitué puis déporté à Belle-Île-en-Mer, où il meurt en août 1805.
En 1797, le peintre Anne-Louis Girodet-Trioson immortalise son portrait, aujourd'hui conservé à Versailles.
Krystel Gualde, directrice scientifique du musée d'histoire de Nantes et du Mémorial de l'abolition de l'esclavage