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(1794-1872)
Symbolisme

Julius Schnorr von Carolsfeld est principalement connu pour ses œuvres à thématique biblique. Dans sa jeunesse, il fréquenta les peintres du mouvement nazaréen, qui cherchaient à faire revivre le style riche de la Renaissance dans l'art religieux. On se souvient de lui notamment pour son importante « Bible en images » et pour ses créations de vitraux destinés à des cathédrales.

Le sacrifice d'Isaac 1852 La bible illustrée

Schnorr naît le 26 mars 1794 à Leipzig ; il est le fils de Veit Hanns Schnorr von Carolsfeld — dessinateur, graveur et peintre — auprès de qui il reçoit sa première formation artistique. Ses plus anciennes œuvres connues sont des copies de dessins néoclassiques de John Flaxman. En 1811, il intègre l'Académie de Vienne, d'où Johann Friedrich Overbeck et d'autres artistes, en révolte contre le style conventionnel de l'époque, avaient été exclus environ un an plus tôt. Il y étudie sous la direction de Friedrich Heinrich Füger et se lie d'amitié avec Joseph Anton Koch et Heinrich Olivier, qui exerceront tous deux une influence marquante sur son style. En 1815, Schnorr rejoint Overbeck et les autres fondateurs du mouvement nazaréen à Rome, où leur colonie d'artistes s'installe dans le monastère abandonné de San Isidoro. Ce courant, axé sur l'art religieux et romantique, rejete les styles modernes pour tenter de renouer avec les principes et les pratiques des époques antérieures.

À ses débuts à Rome, Schnorr est particulièrement marqué par une étude approfondie de la peinture italienne du XVe siècle, et tout particulièrement par les œuvres de Fra Angelico. Il délaisse cependant assez rapidement cette simplicité épurée pour se tourner vers des modèles plus élaborés, issus de la Haute Renaissance. Dès ses débuts, le mouvement nazaréen s'efforce de renouer avec la fresque et l'art monumental ; Schnorr a l'occasion de démontrer son talent lorsqu'il est chargé de décorer le hall d'entrée de la Villa Massimo, près du Latran, avec des fresques illustrant les œuvres de l'Arioste. D'autres cycles décoratifs dans cette même demeure sontentrepris par Peter von Cornelius et Johann Friedrich Overbeck.

La seconde période de la production artistique de Schnorr débute en 1825, lorsqu'il quitta Rome pour s'installer à Munich. Entré au service de Louis Ier de Bavière, il implante en Allemagne l'art de la peinture murale qu'il avait appris en Italie. S'imposant comme une sorte de « peintre-poète » à la cour de Bavière, il constitue une équipe d'exécutants qualifiés et recouvre cinq salles du nouveau palais — la « Residenz » — de fresques illustrant la *Chanson des Nibelungen*. Il réalise également une série de scènes tirées de la vie de Charlemagne, de Frédéric Barberousse et de Rodolphe de Habsbourg.

Schnorr avait initialement souhaité concevoir un programme symbolique complexe, mêlant ces sujets historiques allemands à des épisodes de l'Ancien Testament. Ce projet est toutefois rejeté par Louis Ier, ce qui amena Schnorr à déplorer qu'il ne lui restait plus qu'à peindre ce qu'il qualifie de simple « reportage journalistique sur le Moyen Âge » (« Zeitungsartikel des Mittelalters »). Les critiques ont jugé ces compositions créatives, savantes dans leur agencement et magistrales dans le dessin, tout en leur reprochant une pensée excessive et un style extravagant.

En 1827, Schnorr épouse Maria Heller, belle-fille de Ferdinand Olivier. Leur fils, Ludwig Schnorr von Carolsfeld, un ténor d'opéra meurt à l'âge de 29 ans

En 1846, Schnorr s'installe à Dresde pour y occuper un poste de professeur à l'Académie. L'année suivante, il est nommé directeur de la Gemäldegalerie.

La troisième période de Schnorr est marquée par ses illustrations bibliques. Luthérien, il adopte une approche ouverte et dénuée de tout sectarisme. Sa Bible en images est publiée à Leipzig en 30 fascicules entre 1852 et 1860 ; une édition anglaise suivit en 1861. Les illustrations de cette Bible en images sont souvent complexes et surchargées ; certains critiques leur reprochaient un manque d'harmonie dans les lignes et de symétrie, les jugeant inférieures aux œuvres équivalentes de Raphaël. Son style s'éloigne de la simplicité et de la rigueur des époques antérieures pour adopter, au contraire, l'exubérance ornementale de la Renaissance tardive.

Les dessins bibliques et les cartons pour fresques de Schnorr constituèrent un prélude naturel à ses créations pour des vitraux d'églises ; sa renommée en Allemagne lui vaut des commandes en Grande-Bretagne. Schnorr est l'un des dix artistes ayant fourni des modèles pour un ensemble de vitraux destinés à la cathédrale de Glasgow — commandés en 1856-1857 et réalisés par la manufacture royale de Munich — et il conçoit par la suite des vitraux pour la cathédrale Saint-Paul de Londres. Ces vitraux munichois suscitent la controverse : les tenants du médiévalisme en critiquèrent le manque d'éclat, qualifiant ces œuvres de simples stores colorés ou de transparents illustrés. Le camp adverse, en revanche, voit dans ces créations inspirées du passé l'alliance entre la rigueur et l'excellence du dessin, caractéristiques de la peinture à l'huile florentine primitive, et la mise en couleur et la disposition des vitraux de la seconde moitié du XVIe siècle." Quatre verrières réalisées par Schnorr sont installées à Saint-Paul : trois dans le chœur (retirées en 1888) et une à l’extrémité ouest (détruite en 1941). La majeure partie des vitraux munichois conservés à Glasgow a été retirée au cours du XXe siècle.

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