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Amour et Psyché

1797

Amour et Psyché
Antonio Canova, 1797
Marbre, 145 cm
Paris, Musée du Louvre, Aile Denon, Rez-de-chaussée, Galerie Michel-Ange, Salle 403

Les personnages sont debout. L’Amour est entièrement nu alors qu’une draperie masque délicatement la nudité de Psyché. L’Amour entoure Psyché de son bras tandis qu’elle soulève de sa main celle du jeune homme, sur laquelle elle pose un papillon. Ce papillon symbolise l’âme de Psyché, qu’en toute innocence, elle offre à l’Amour. Le sentiment amoureux liant ces deux êtres est montré d’une façon très simple et quelque peu naïve, dans la contemplation du papillon. L’errance de l’âme est une idée inspirée de la philosophie néoplatonicienne chère à Canova. Le groupe est posé sur un haut piédestal cylindrique orné de guirlandes de fleurs avec un papillon. La partie supérieure du socle pouvait tourner à l’aide d’une poignée encore visible aujourd’hui mais bloquée pour la sécurité de l’œuvre dans les salles du musée.

Cette sculpture est une commande faite au jeune sculpteur originaire de Possagno, Antonio Canova, alors âgé de seulement trente ans. Le commanditaire est un colonel écossais, Sir John Campbell, qu’il rencontre lors d’un séjour à Naples en 1787.  C’est ce même colonel qui lui commande aussi  le très célèbre groupe,  Psyché ranimée par le baiser de l’Amour, aujourd’hui au Louvre. Ces deux groupes ont été admirés par de nombreux artistes qui ont visité l’atelier de Canova à Rome. En effet, à cause de différents problèmes pour les transporter en Angleterre, les groupes sont restés dans l’atelier de Canova jusqu’à l’entrée des troupes françaises dans Rome, en 1798. C’est là que Murat achète ces œuvres pour les placer dans son château de Villiers-la-Garenne, près de Neuilly. Nous savons que Canova lors de son premier séjour à Paris, en 1802, alla voir ses deux chefs-d’œuvre où ils venaient d’être installés. Les deux groupes passèrent dans les collections impériales puis au musée Louvre.
Canova réalisa un second exemplaire en marbre d’après le même modèle en plâtre que l’exemplaire du Louvre. Celui-ci est aujourd’hui conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Il avait été acquis par le tsar  Alexandre 1er en 1815 avec les collections de Joséphine, la première épouse de Napoléon.

Deux statues debout : un pari difficile

Dédale et Icare, Adonis et Vénus, Mars et Vénus, Hector et Achille sont autant d’autres exemples qui témoignent de la maîtrise de Canova à scénographier deux personnages debout. C’est un art difficile. Rien n’est statique ni figé. Mais Canova trouve des solutions iconographiques simples. Il transcende le modèle antique de l’Amour et Psyché du Capitole pour créer une vraie dualité, une véritable complicité entre les personnages. L’un ne va pas sans l’autre. Jeux de regards, attachement par les gestes, tout concourre à amener le spectateur à ne pas penser à chacune des figures individuellement mais à un seul ensemble : union des deux têtes, groupe de trois mains.  Ceci n’est pas seulement vrai pour les visages ou les bras, mais les corps aussi s’articulent gracieusement l’un vers l’autre, ou s’épousent.  
L’Amour et Psyché debout est une œuvre majeure de Canova, qui sera largement répliquée et qui inspirera de nombreux artistes pendant tout le XIXe siècle.

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