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Né en 1973 ?
Art performatif

Banksy est le pseudonyme d'un artiste britannique anonyme, actif depuis les années 1990 et figure incontournable de l'art moderne depuis ses premiers coups d'éclat en 2004-2005. Artiste majeur du street art ila aussi réalisé un filme en 2010, Faites le mur !.

L'artiste utilise la peinture au pochoir pour faire passer ses messages, qui mêlent souvent politique, humour et poésie. Les œuvres de Banksy sont des images humoristiques, parfois combinées avec des slogans. Le message est généralement libertaire, antimilitariste et anticapitaliste. Ses personnages sont souvent des rats, des singes, des policiers, des soldats, des enfants, des personnes célèbres ou des personnes âgées.

L'amour est dans la poubelle 2018 Collection privée
Le parlement des singes 2019 Collection privée
Game changer 2020 Collection privée
Hommage à George Floyd 2020 Collection privée
Game Changer 2021 Collection privée

Banksy est un artiste anonyme, dont l'identité fait l'objet de nombreuses spéculations. Dans une interview de 2003 de The Guardian, l'artiste se décrit comme « blanc, 28 ans, débraillé décontracté - jeans, T-shirt, une dent d'argent, chaîne en argent et boucle d'oreille en argent. Il ressemble à un croisement entre Jimmy Nail et Mike Skinner des rues ». Le livre Banksy captured de Steves Lazarides, publie de nombreuses photos de Banksy au travail. Une vidéo de 2003, retrouvée en 2019, dévoilerait également pour partie son apparence. Bien que son visage soit toujours masqué, Banksy y apparaît à chaque fois comme un homme blanc.

Selon les principales hypothèses, Banksy pourrait être Robin Gunningham, né le 28 juillet 1973 à Yate, un graffeur de Bristol. Il a été le colocataire d'artistes ayant travaillé avec Banksy, puis a déménagé à Londres en 2000, époque où vont apparaître dans la capitale anglaise de nombreuses œuvres de Banksy. En 2016, une étude affirme que l'apparition des travaux de Banksy serait liée aux déplacements connus de Gunningham

En 2004, Banksy réalise son premier coup d'éclay. Il fait imprimer des faux billets de 10 livres. Il remplace l'effigie de la Reine d’Angleterre par celle de Lady Diana et change le « Bank of England » en « Banksy of England ». Il en disperse la plupart lors du carnaval à Notting Hill.

En 2005, lors de son exposition Crude Oils, il détourne les tableaux de Claude Monet ou de Vincent van Gogh et à cette occasion, il libère 200 rats.

Banksy a fondé le projet « Santa's Ghetto » en réalisant des peintures sur le mur de Bethléem et aux abords du camp d'Aida afin de « redonner espoir aux habitants palestiniens ». En 2005, avec l'aide d'autres artistes, comme l'Américain Ron English, le mur de séparation devient peu à peu une toile artistique géante, comme avec l'image de la petite Vietnamienne brûlée au napalm qui tient par la main Mickey Mouse et Ronald McDonald. Concernant ce projet, Banksy raconte dans son livre Wall & Piece, qu'un jour, alors qu'il peignait sur le mur de séparation, un habitant est venu lui dire : « Vous embellissez le mur. » Banksy, flatté : « Merci, c'est gentil », fut aussitôt coupé par le vieil homme : « On ne veut pas que ce mur soit beau, on ne veut pas de ce mur, rentrez chez vous. »

En mars 2005, il place des œuvres factices ou subversives au MoMA, au Met, au Brooklyn Museum, au musée américain d'histoire naturelle de New York, ainsi qu'à la Tate Britain ou au British Museum, qui, lorsque la supercherie est découverte (un faux artefact représentant au fusain un homme préhistorique poussant un chariot de supermarché en chassant des animaux), décide d'inclure l'objet dans sa collection permanente.

Au mois d'août de la même année, Banksy peint neuf images sur la barrière de séparation israélienne, dont l'image d'une échelle qui atteint le haut du mur, et une représentant des enfants creusant un trou pour atteindre l'autre côté.

En avril 2006, il crée une sculpture représentant une cabine téléphonique rouge. Cette cabine, cabossée et fendue par une pioche, et qui semble saigner, est placée dans une rue de Soho. Elle est rapidement enlevée par les autorités.

La même année, au mois de septembre, il place une poupée gonflable en taille réelle à Disneyland (Californie), qui porte un uniforme orange comme ceux du camp de Guantánamo, au milieu du décor du parcours des montagnes russes. La sécurité de Disneyland bloque le train, interpelle un complice (Mr Brainwash) qui le filme, puis le libère faute de preuve. Il réussit ainsi à sortir avec la vidéo de la performance.

À la même période, Banksy « pirate » la sortie du disque de Paris Hilton avec environ 500 disques achetés en magasin. Le disque est remixé par Danger Mouse, la pochette et les photos sont modifiées par Banksy, et les copies remises discrètement en rayon, avec code barres d'origine, dans différents magasins britanniques. Les titres de chansons modifiées étaient, par exemple, Why am I famous ? (« Pourquoi suis-je célèbre ? ») ou What have I done ? (« Qu'ai-je fait ? »). La pochette avec les photos de la star retouchées est estampillée de slogans comme : « 90% of success is just showing up » (« 90 % du succès, c'est juste de se montrer »).

En 2009, le pochoir No Ball Games est exécuté à Londres, en 2013, arraché du mur il est destiné à être vendu aux enchères par le Sincura Group16. Le pochoir Slave Labour exécuté à Londres en 2012 est arraché en 2013 par son propriétaire et également destiné à être vendu aux enchères. De nombreux pochoirs de Banksy se retrouvent sur les murs des villes britanniques comme Bristol ou Londres, et certains étant menacés de destruction ou d'être recouverts par de la peinture voient des pétitions se créer pour défendre les créations de Banksy.

Au cours de l'été 2009, une importante exposition lui a été consacrée au musée de Bristol, en Angleterre, avec plus de 100 œuvres, et aura accueilli plus de 300 000 visiteurs pendant 12 semaines.

En 2010 sort le film Faites le mur ! (Exit Through the Gift Shop), réalisé par Banksy et présenté au Festival du film de Sundance, ainsi qu'à la Berlinale. Il fut d'ailleurs nommé grâce à celui-ci pour l'Oscar du meilleur film documentaire en janvier 2011. Le film présente des artistes comme Invader et Shepard Fairey, tous supposément filmés par Thierry Guetta, qui tente lui aussi de devenir un artiste urbain. Il s'attaque aux studios de la Fox, en détournant le générique des Simpson.

En 2011, juste après les émeutes qui ont secoué le Royaume-Uni, il diffuse sur Channel 4 un documentaire sur la désobéissance civile intitulé The Antics Roadshow.

À partir du 1er octobre 2013, il réalise des œuvres à New York, mêlant graffitis et installations dans des camions. Il intitule cette prestation Better out than in. Son premier graffiti est rapidement vandalisé. Il est aussi, à cette occasion, pisté par les fans. L'un d'eux dépose un pisteur dans un des camions qu'il a redécorés, tandis qu'un autre diffuse une photo d'une personne qui serait Banksy prise alors qu'un de ses camions était tombé en panne.

En 2013, dans le cadre de son exposition Better Out Than In (« Mieux vaut dehors que dedans »), Banksy installe incognito un stand éphémère sur le trottoir de Central Park pour y vendre certaines de ses œuvres à 60 $ pièce. Durant cette journée il vend sept œuvres pour un total de 420 $ ; celles-ci sont estimées à 160 000 $ l'unité.

En 2014, une de ses œuvres représentant un groupe de pigeons adressant à une hirondelle des pancartes « Les migrants ne sont pas les bienvenus », « Retourne en Afrique » et « Laissez-nous nos vers de terre » sur un mur de la ville de Clacton-on-Sea est effacée par la mairie car jugée « offensante et raciste », les responsables de la mairie ayant expliqué qu'ils ne savaient pas qu'il s'agissait d'une œuvre de Banksy et que l'aspect satire politique de l'œuvre leur avait échappé.

Début 2015, Banksy se rend à Gaza, en Territoire palestinien, de manière clandestine en empruntant un réseau de tunnels souterrains. Sur place, il réalise plusieurs graffitis qui dénoncent la destruction de la ville et la vie quotidienne qui en résulte, et tourne une vidéo de deux minutes postée sur sa chaîne YouTube.

En août 2015, il ouvre son parc d'attractions Dismaland à Weston-super-Mare, sombre parodie de Disneyland qui s'avère être une exposition gigantesque réunissant des œuvres de Banksy ainsi que d'une cinquantaine d'artistes. Le 28 septembre 2015, le parc ferme ses portes au public avec un dernier concert après cinq semaines d'ouverture. L'artiste a fait savoir que le bois utilisé pour la construction du parc serait récupéré et envoyé à Calais afin d'être utilisé pour construire des abris pour les réfugiés.

À la fin de l'année 2015, Banksy poursuit son engagement à Calais en y réalisant plusieurs œuvres sur la crise des migrants. Un portrait de Steve Jobs défraye notamment la chronique : en représentant le créateur d'Apple portant un ordinateur et un baluchon, Banksy rappelle que celui-ci est le fils d'un immigré Syrien, arrivé aux États-Unis dans les années 1950. L'artiste réalise par ailleurs deux autres fresques. Sur l'une d'elles, un jeune garçon regarde au loin à travers une longue vue, sur laquelle s'est posé un vautour. À ses pieds, une valise symbolise le long voyage que doivent effectuer les migrants avant de tenter d'atteindre le Royaume-Uni. Une troisième fresque emploie l'image du célèbre Radeau de la Méduse, les naufragés faisant cette fois appel à un yacht passant au loin.

Au début du mois de mars 2017, une nouvelle installation financée et réalisée par Banksy est ouverte : le Walled Off Hotel, hôtel 3 étoiles avec vue sur le mur de séparation à Bethléem, où sont entreposées, peintes des œuvres de l'artiste. Sont disponibles dans cet hôtel quatre types de chambres : les « Artist », remplies d’œuvres d'art, les « Scenic », avec vue sur le mur, les « Budget », disposant du prix le moins élevé et équipées de matériel issu de baraquements de l'armée israélienne ainsi que la suite dite "présidentielle", la plus chère et la plus luxueuse.  Il précise que les fonds récoltés sont réinjectés dans des projets locaux. Un piano bar aux couleurs d'une Angleterre coloniale, une galerie où sont exposées les œuvres de célèbres artistes palestiniens, un musée retraçant l'histoire du conflit israélo-palestinien mais aussi une librairie peuvent être visités dans cet hôtel.

En mai de la même année, il revendique la paternité du grand Brexit, peinture ornant la façade aveugle d'une maison de Douvres. Elle illustre un ouvrier supprimant une étoile du drapeau européen, ce qui y provoque des lézardes.

Lors de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin 2018, il commence à réaliser une série d'œuvres à Paris dénonçant la politique du gouvernement français sur la question des migrants, le capitalisme ou en encore en rendant hommage aux victimes du Bataclan. Il revendique plusieurs œuvres sur Instagram, indiquant en description : « 50 ans après les événements de mai 1968 à Paris. Là où est né l’art du pochoir moderne ». Pour stopper les dégradations importantes que subissent les installations, des plaques de plexiglas sont installées par des galeristes. Mais plusieurs des œuvres parisiennes sont volées : l'hommage peint sur la porte du Bataclan, puis le rat peint sur un panneau de signalisation près du Centre Georges-Pompidou

Le 5 octobre 2018, lors d'une vente aux enchères organisée chez Sotheby's à Londres, une version sur papier peinte à la bombe et à l'acrylique de l’œuvre Girl with Balloon (There is always hope), parue pour la première fois sur un mur de Londres en 2002, s'est (presque entièrement) autodétruite, au moyen d'un destructeur de documents dissimulé dans le cadre, immédiatement après avoir été adjugée 1 042 000 livres sterling (1 200 000 euro). L'artiste a commenté cette action sur Instagram par « Going, going, gone… », soit « Adjugée, adjugée, disparue… » (littéralement « s'en allant, s'en allant, parti… »). Banksy avait souvent critiqué l'establishment et le marché de l'art pour leur récupération. Il a annoncé que Sotheby's n'était pas au courant que le cadre contenait ce mécanisme. Dans une vidéo intitulée Shred the Love publiée sur son site Internet, il a expliqué la conception de cette action et a montré que, durant les essais préparatoires, l'œuvre s'était totalement autodétruite.

En 2019 il a fait vendre aux enchères pour 11,1 millions d’euros une toile intitulée Le parlement des singes, montrant des chimpanzés occupant tous les sièges de la Chambre des communes.