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1 - Le ciné-club fait son retour au Café des images le 17 juin

2 - Les films en salle

3 - A la télévision cette semaine

4 - Festival, livre et exposition

 

 

1 - Le ciné-club fait son retour au Café des images le 17 juin, 20h30

Suzanna Andler
Suzanna Andler
Suzanna Andler

Suzanna Andler est, chronologiquement, une pièce de théâtre en quatre actes de Marguerite Duras, écrite pour Loleh Bellon et publiée en 1968 aux éditions Gallimard. Suzanna Andler est créée le 6 décembre 1969 au Théâtre des Mathurins. En 1977, Marguerite Duras l'adapte au cinéma en s'affranchissant beaucoup du texte et de certains personnages sous le titre, Baxter, Vera Baxter. Claudine Gabay jouait Vera Baxter alors que ici Charlotte Gainsbourg joue Suzanna Andler. Niels Schneider reprend le rôle de Michel Cayre dévolu en 1977 à Gérard Depardieu; Julia Roy celui de Monique Combes (Noëlle Chatelet en 1977).

En 1994, peu avant sa mort, Marguerite Duras converse avec Benoît Jacquot à propos de Suzanna Anders. Il lui demande pourquoi elle ne veut plus entendre parler de sa pièce alors que, pour lui, c'est du "Boulevard Racinisé". Duras lui demande alors pourquoi il n'a jamais adapté un de ses textes alors qu'ils sont amis, et justement pas celui-là qu'il aime. Benoît Jacquot lui en fait la promesse qu'il tient aujourd'hui.

Benoît Jacquot entretient en effet une relation amicale forte avec Marguerite Duras depuis que celle-ci cherchait quelqu’un pour l’aider à entreprendre ses films à venir, un “bras droit” disait-elle. Marguerite Duras n’aimait pas les films qu’on avait tiré de ses livres (Barrage contre le Pacifique, Le Marin de Gibraltar, Dix heures et demie du soir en été, Moderato Cantabile…). Parfois elle aimait Hiroshima mon Amour, mais pas forcément. Elle a donc pris son taureau par les cornes, pour faire elle-même La Musica (1967), puis Détruire, dit-elle (1969) et Jaune le Soleil (1971). En 1972, elle sollicite Benoît Jacquot qui aimait beaucoup ses films, pour être ce "bras droit". Il l'aide à réaliser trois films, Nathalie Granger (1972), La Femme du Gange (1973), India Song (1974). Ensuite Benoît Jacquot a fait ses films et Duras a réalisé seule Le Camion (1977), Navire Night (1978), Agatha ou les lectures illimitées (1981).

Nous discuterons de cela après la projection du 17 juin à 20h30. Un moment convivial autour d’un verre, offert après la rencontre, nous permettra aussi de parler des films vus et à venir.

 

2 - Les films en salle vus depuis le 19 mai (par ordre de préférence)

Garçon chiffon de Nicolas Maury. . Soldat de la fragilité (il se blesse à la paume, à l’œil et se jette à l’eau), ni à l'aise dans la société du spectacle ni dans celle des hommes, jaloux prisonnier du déchiffrement des signes, Jérémie accomplit un parcours initiatique où il apprend à voir de nouveau le monde avec l’aide de l’amour maladroit de sa mère et inconditionnel de Gugusse.

Indes galantes de Philippe Béziat. C'est un film musical qui ne parle pas que de musique. Il montre des artistes au travail et les liens entre les œuvres et la vie. Clément Cogitore, par son dispositif innovant, confectionne une proposition d’artiste contemporain, plus encore que de metteur en scène au sens classique, dans un des endroits les plus conservateurs, l’Opéra de Paris. Qui plus est, le groupe de danseurs qu’il invite sur le plateau est au cœur de l’expérience.Plus qu'un film sur le côté démiurgique de l’acte de création, c'est le geste d’amener sur ce plateau des gens qui n’y ont jamais été invités, et de leur faire jouer quelque chose qui se rapproche de leur propre rôle qui est révolutionnaire.

ADN de Maïwen. La cinéaste retient les excès toujours possible du personnage qu'elle interprète et rend ainsi sa composition d'autant plus forte.Les portraits de groupe réussis sont percés de moments humoristiques. Il y a la tragi-comédie des personnels des maisons de retraite ou des pompes funèbres et surtout Louis Garrel dont les répliques drôles et généreuses font très souvent rire.

Adieu les cons d'Albert Dupontel. . Le cinéaste reprend la trame de 9 mois ferme, son film jusqu'à présent le plus abouti. Il intervertit les rôles: Suze Trappet prend en otage JB alors que dans le précédent film c'était Bob qui prenait en otage Ariane Felder. Le film est plus déjanté, moins réaliste et donc un peu moins touchant.

Des hommes . . Lucas Belvaux tente de trouver un équivalent cinématographique au roman polyphonique de Laurent Mauvignier (Éditions de Minuit, 2009). Les procédés trop conventionnels utilisés n'atteignent cependant jamais la puissance évocatrice du roman. La tentative de réaliser enfin un film populaire sur la guerre d'Algérie sera donc très probablement un échec. Seule l'interprétation de Gérard Depardieu tranche.

Michel-Ange d'Andreï Kontchalovski. . On ne voit jamais Michel-Ange peindre ou sculpter mais on ne voit pas les œuvres non plus. Tout juste, Michel-Ange passe un chiffon sur le genou droit du Moïse, seule partie qui se dégage alors du bloc de marbre. Quelques plans furtifs montrent la chapelle Sixtine dont le plafond est encore caché par des échafaudages et les toutes dernières images du film montrent Michel-Ange se souvenant de ses chefs-d’œuvre passés : La piéta, le David et le Moïse. Ce sont ainsi moins les œuvres d'art ou le travail de l'artiste qui intéressent Andreï Kontchalovski  que les affres du créateur avec ses démons intérieurs et le pouvoir politique. Son ambition de vouloir rendre compte de manière réaliste de l'atmosphère de la Renaissance verse hélas dans l'académisme.

Falling de Viggo Mortensen. 0. Parce que Willis est prétendu fou avec des mots qui lui échappent maintenant comme une pulsion incontrôlée, il faut subir une purge de près de deux heures avec ce portait d'un homme méchant, machiste, proférant des injures homophobes pendant que son fils encaisse avec un calme "admirable" le tout entrecoupé de flashes-back chichiteux du temps merveilleux d'autrefois où la nature était belle.

Drunk de Thomas Vinterberg. 0. Drunk se présente comme un film iconoclaste qui met en avant l'anticonformisme, le sens de la fête et de l'envie de vivre. Il ne défend pourtant que les valeurs les plus classiques où l'alcool, malgré l'infantilisme des réactions qu'il déclenche, apporterait un gain social. Petit manuel, roublard et racoleur de réussite sociale, le film est à mille lieues de l'humanisme profond du Husbands (John Cassavetes, 1970) dont il prétend s'inspirer.

Garçon chiffon
Indes galantes
ADN
Adieu les cons
Des hommes
Michel-Ange
Falling
Drunk

 

3 - A la télévision cette semaine :

     
de Michel Deville, lundi 7 juin, 20h50, F5
de John Carpenter, lundi 7 juin, 20h55, Arte
de Pascal Chaumeil, mardi 8 juin, 21h05, 6Ter
de Akira Kurosawa, mercredi 9 juin, 13h35, Arte
de Michael Cimino, jeudi 10 juin, 13h35, Arte
de John Carpenter, jeudi 10 juin, 00h05, Arte

 

4 - Festival, livre et exposition

Le 3 juin, Thierry Frémaux a révélé la sélection officielle de Cannes 2021. Beaucoup de films très attendus mais, sur 24, seulement 4 films en compétition réalisés par des femmes : Bergman island de Mia Hansen-Love ; La fracture de Catherine Corsini ; L’histoire de ma femme de Ildikó Enyedi ; Titane de Julia Ducournau. Il y a des promesses qui se sont perdues. L'affiche du festival sera présentée bientôt de même que les sélections parallèles : Quinzaine des réalisateurs, Semaine de la critique, Sélection acid.

Le numéro 5 de la collection zoom-arrière est paru fin mai. Il est consacré aux films de Jim Jarmusch. Si vous souhaitez un exemplaire dédicacé, n'hésitez pas à me le demander : 5 euros.

Nina Childress, artiste majeure contemporaine, est exposée jusqu'au 12 juin à l'artothèque de Caen. A ne pas manquer.

Festival de Cannes
du 6 au 17juillet
Les films de Jim jarmusch
votre exemplaire pour 5€
Nina Childress
à l'artothèque

Bonne semaine chacune, chacun.

Jean-Luc, le 6 juin 2021

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